andata.ritorno  laboratoire d'art contemporain



Emmanuelle Michaux

Ce qui restera de l'oubli

Vernissage jeudi 11 avril dès 18h

Exposition du 11 avril au 4 mai 2019
du mercredi au samedi de 14h à 18h

Evènements dans le cadre de l'exposition
Jeudi 11 avril à 17h
Entretien avec l'artiste, réalisé par Frédéric Elkaïm, puis vernissage à 18h

Samedi 13 avril à 14h30
Lecture de Haïkus de l'artiste "recueil d'enfance"

Samedi 4 mai à 16h
Finissage avec intervention de l'artiste (lecture de textes autour de la réminiscence)


EmmanuelleMichaux
Emmanuelle Michaux, Ce qui restera de l'oubli (détail), 2018

Emmanuelle Michaux, « La mémoire des oubliés »

« L’enfance est ce que le monde abandonne pour continuer d’être au monde. »
Christian Bobin

Comme une danse de mots avec la douceur d’un pinceau tremblant de son encre sensible, comme un vol d’oiseau virevoltant sur l’écran de visages absents, comme la conscience de l’existence d’êtres passés. Emmanuelle Michaux dessine, écrit, installe, trace les sillons d’individus anonymes, dans l’idée de préserver  leur mémoire, de leur offrir des traces d’invitation à l’état d’éternel.
A l’heure où les images ont pris la tournure d’un carrousel sans  fin et vertigineux, Emmanuelle Michaux choisit le parti pris de la pratique d’arrêt sur image, en l’occurrence d’images d’enfants inconnus pour nous en insuffler une tendre familiarité.
Les portraits présents ici dans un statut quasi éthéré, acquièrent une présence troublante, comme si les traces de la disparition étaient une plus-value émotionnelle dans le regard que nous leur portons et qui est pourtant l’image de notre propre destinée, de chacune et de chacun portée à une inévitable et incurable disparition.
Au bout du compte ce qui travaille l’œuvre d’Emmanuelle Michaux c’est un regard sur ce qui ne se voit pas ou plus, un regard sur des yeux portés sur l’infini et des signes comme des ailes d’anges battant sur la terre comme sur l’océan, des signaux de la beauté des âmes dont toute image ne pourra jamais être qu’un pâle reflet de leur intensité.
S’il est comme un trésor enfoui, c’est bien cette mémoire de l’enfance qui repose en chacun de nous avec des traces des bonheurs vécus et des souffrances aussi dont certaines vous traversent les âges comme une cicatrice inconsolable. Les encres, dans leur tracé intuitif, d’Emmanuelle Michaux sont le reflet en miroir des chemins parcourus, de ces allers-venues entre mémoire et oubli. En les parcourant me reviennent des souvenirs précis de ma propre enfance, l’odeur des foins en été, de la campagne d’où je viens et le chant de la mer présent dans l’installation en question ici, me semble aussi familier que si je l’avais vécu enfant, je n’ai pourtant vu la mer pour la première fois qu’à l’âge de quinze ans.
Cette musique de la mer est le fil sonore et conducteur de cette exposition. Fil discontinu entre les photos de l’enfance anonyme accrochées au mur et les deux éléments de plages au sol. La pierre, figure d’éternité, rehaussée finement de tracé d’or, matière la plus noble de la matérialité et qui n’était rien d’autre que la chair des dieux dans la très haute Antiquité.
Le film rescapé d’images de famille, ce film vient de Nice dans les années 40,  mais en fait il renvoie à une iconographie universelle où le roman familial s’est imprégné dans le sillon des celluloïds depuis la découverte de la photographie qui est devenue la technologie totalement imprégnée et servile au service de la mémoire. Les hommes sans doute ont définitivement changé leur manière de penser et de s’émouvoir depuis cette invention.
« Ce qui restera de l’oubli »,  merci à Emmanuelle Michaux de nous donner avec subtilité et humilité un dispositif plastique nous invitant à la recherche de notre mémoire et les chemins de l’enfance. Comme si l’on regardait notre vie dans un rétroviseur pour y voir cette histoire à la fois personnelle et universelle qui fait la chance d’être en vie aujourd’hui et dans le cadeau renouvelé de voir, entendre, sentir et aimer. Ce chant des vagues et des images nous invite à ouvrir les yeux comme à les fermer pour tenter de gagner les plus beaux rivages de l’âme, jusqu’à en écouter peut-être le sang qui coule dans nos veines et qui est la condition même de la vie.

Joseph-Charles Farine
12 avril 2019

Vues des installations de la première salle


Emmanuelle Michaux, Ce qui restera de l'oubli (détail)

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Emmanuelle Michaux, Ce qui restera de l'oubli (détail)


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Emmanuelle Michaux, Ce qui restera de l'oubli (détail)


Vues des installations de la deuxième salle

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Emmanuelle Michaux, Ce qui restera de l'oubli (détail)

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Emmanuelle Michaux, Ce qui restera de l'oubli (détail)

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Emmanuelle Michaux, Ce qui restera de l'oubli (détail)

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Emmanuelle Michaux, Ce qui restera de l'oubli (détail)

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Emmanuelle Michaux, Ce qui restera de l'oubli (détail)


Interview de l'artiste
Emission radio RTS La Première, "Vertigo", interview d'Emmanuelle Michaux par Florence Grivel, 11/04/2019


Site web de l'artiste

www.emmanuellemichaux.com


Remerciements à la CARRIERE CHAVAZ - Etrembières. L'exposition a été réalisée avec le soutien de la Ville de Genève.











Andata.Ritorno bénéficie du soutien du Département de la culture de la Ville de Genève et de la Loterie Romande

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