andata.ritorno  laboratoire d'art contemporain

Lea Roth

Trame-Métamorphoses / 2016-2019
3+33 arbres


Vernissage jeudi 24 octobre dès 18h

Exposition du 24 au 9 novembre 2019
du mercredi au samedi de 14h à 18h

Finissage samedi 9 novembre dès 17h

Présence de l'artiste au vernissage et au finissage ainsi que les jeudis 31.10 et 7.11 de 14h à 18h

Marconi
Trames, © Lea Roth

De la civière d’Arthur Rimbaud et du sens du détournement intelligent de Daniel Buren

« Trouver le lieu et la formule. »
Arthur Rimbaud

En route, non pas, pour la gloire, mais « on the roth again ».  Lea Roth revient de loin, non pas si loin géographiquement, car son atelier est à la rue des Voisins. J’ai rarement connu une artiste aussi obsédée par la pratique de son travail. Il aura donc fallu beaucoup de travail aussi à l’accrochage de cette exposition pour qu’enfin « les attitudes prennent forme ». Son attitude artistique est d’une exigence, d’une rigueur extrême. Je l’aurai expérimenté et vérifié, lors de mes différentes visites à son atelier et dans la mise en espace de cette exposition d’aujourd’hui qui tenait à la fois de l’accrochage, de l’assemblage et du posage pour reprendre des titres chers à mon ami Alain Jouffroy. Cette mise en place a ressemblé à une forme d’Odyssée. Il fallait bien que ce bateau navigue et ne coule pas, il aura fallu beaucoup d’heures et plus de cinq jours pour que littéralement cela tienne.
Nous avons relevé ce défi, dans un labeur assidu, sans oublier l’amitié souveraine et la disponibilité extrême de l’assistance du mari de Lea Roth, à savoir Sébastian. Le défi était donc celui-là, que ce voyage d’accrochage nous revienne dans un résultat exigeant et parfait, tant il est vrai que la perfection soit possible et plausible en ce monde immonde. Que nous offre donc à voir l’œuvre raffinée de Lea Roth? Des monotypes certes, mais pas que. Une chose à observer au passage est le fait de l’utilisation comme support du bois de peuplier qui n’est pas sans nous rappeler que celui-ci était le support même des icônes.

Une étrange barque est présente dans la première salle, peut-être en souvenance inconsciente du goût prononcé de la navigation du père de l’artiste, Monsieur Alain Vaissade. Cette barque pour ma part m’a suggéré de manière inconsciente mais d’emblée, le souvenir du dessin que Arthur Rimbaud a réalisé en avril 1891 pour sa civière destinée à le rapatrier, lui, à la jambe droite amputée. Une civière qui a permis à quatre personnes serviles et noires de le déambuler malgré ses immenses souffrances jusqu’au port d’Aden afin d’être rapatrié à Marseille, à l’hôpital de la Conception où il est mort le 10 novembre 1891 vers 10h du matin. Cette barque est donc, pour ma perception personnelle, un signe très particulier, à un voyage non moins particulier, mais ici rétribué dans une création sculpturale.

Rimbaud

En réponse à cette sculpture, et dans la même salle, Lea Roth a l’impertinence plastique d’être intervenue sur des toiles de stores récupérées dont l’élément plastique n’est pas sans rappeler, de toute évidence, l’iconographie mondialement reconnue dans le monde l’art contemporain, de Daniel Buren. Lea Roth, avec pertinence, a su détourner ce signe obsédant et encombrant de la contemporanéité plastique à des fins picturales, graphiques et personnelles et dans un suprême outrage. Il est des stores rayés qu’il s’agit de saluer, de voir, de lever ou de dédoubler pour en faire autre chose qu’une icône financière trop connue dans le monde du marché de l’art, qui est celui de Daniel Buren. Qu’est-ce que l’art peut encore nous apporter avec sens, avec une nouvelle nouveauté à toujours réinventer, dans cette époque d’abusante et d’abusée post-modernité?
Regardons donc, apprécions, ou si c’est de votre liberté de regardeur, osez désapprécier. Car avec Lea Roth la réflexion se situe et se positionne bien au-delà de l’apparence et, pour la citer comme elle le dit si justement, il s’agit de « remonter les profondeurs de la structure qui va modifier et déstabiliser la représentation que l’on se fait du panneau en tant que présentation d’un sujet. Comme en psychanalyse, pour la question du sens, s’adresser « derrière », c’est-à-dire à l’inconscient, qui régit nos processus fondamentaux. »
Lea Roth nous invite donc à regarder bien au-delà de l’apparence de panneaux de tilleul, d’huile et d’encre sur bois, de toile polyester, de métal, de corde, elle nous invite avec justesse et talent, à regarder derrière les tableaux, car le monde entier déjà en soit, est un tableau.

Joseph Farine
24 octobre 2019

Vues de l'exposition (première salle)

LeaRoth_Bateau
Lea Roth, Jaune!, 2019, huile et encre sur bois, toile polyester, métal, cordes, installation dimensions variables

LeaRoth_Bateau
Lea Roth, Jaune! (détail), 2019, huile et encre sur bois, toile polyester, métal, cordes, installation dimensions variables

LeaRoth_rayures
Lea Roth, Grand Rayé, 2016-19, acrylique et encre sur toile de store récupérée, 167 x 111 cm / 167 x 111 cm / 174 x 109 cm / 159 x 115 cm

Vues de l'exposition (deuxième salle)

LeaRoth_horizontal
Lea Roth, Trame-métamorphose (la suite), 2017-19, monotypes rehaussés de gouache et encres, 33.5 x 75 cm

LeaRoth_Metamorphoses
Lea Roth, Trame-métamorphose (la suite), 2017-19, monotypes rehaussés de gouache et encres, 33.5 x 75 cm

LeaRoth_trames
Lea Roth, Trame-métamorphose (la suite), 2017-19, monotypes rehaussés de gouache et encres, 33.5 x 75 cm


Revue de presse
"Lea Roth", par Nafsika Guerry-Karamaounas, in L'Art à Genève, 22/10/2019




Site web de l'artiste







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